Douleur à l’épaule quand je lève le bras : comment Roxanne a retrouvé sa force après 17 ans
Lorsque j’ai rencontré Roxanne au début du mois de juin, elle vivait avec des douleurs à l’épaule, aux hanches, aux pieds et aux mains.
Pourtant, elle ne m’a pas contactée pour faire disparaître ses douleurs. Elle voulait avant tout recevoir un programme d’entraînement pour se remettre en forme. Elle m’a simplement demandé de tenir compte de cette épaule qui la faisait souffrir depuis 17 ans.
Pour elle, la douleur faisait désormais partie de sa vie. On lui avait dit qu’elle devrait apprendre à vivre avec.
Dès notre première conversation, j’ai été très honnête avec elle. Je lui ai dit avec confiance que je croyais pouvoir faire quelque chose pour améliorer la douleur à son épaule et à ses hanches. Pour ses pieds et ses mains, je n’en étais pas certaine.
Je dis toujours à mes clients ce que je pense réellement de leur situation. Je préfère être transparente quant aux résultats que je crois possibles plutôt que de créer de faux espoirs.
Mais est-ce que vivre avec une douleur depuis aussi longtemps signifie nécessairement qu’il n’y a plus rien à faire?
Une blessure au travail qui a laissé des traces
En 2009, Roxanne a subi une déchirure du labrum de l’épaule lors d’un accident de travail. Elle a entrepris un long parcours de réadaptation comprenant notamment de la physiothérapie, de l’ergothérapie et de la massothérapie.
En 2010, elle a finalement été opérée. Son acromion a notamment été limé, mais l’intervention n’a pas été considérée comme une réussite. Elle a ensuite développé une capsulite qui a duré environ six mois.
Au total, Roxanne a consacré deux années à sa réadaptation. Malgré tous ses efforts, la douleur est demeurée et elle a conservé des limitations fonctionnelles.
La douleur se manifestait dans plusieurs situations ordinaires :
- lever le bras au-dessus de sa tête;
- porter un sac en bandoulière sur son épaule;
- transporter des sacs d’épicerie;
- lever les bras lorsqu’elle était couchée.
Avec les années, elle avait donc appris à protéger son épaule et à éviter les gestes qui risquaient de réveiller la douleur.
Elle voulait seulement que je tienne compte de sa douleur
C’est ce qui m’a le plus surprise durant notre premier appel. Roxanne ne me demandait pas si je pouvais l’aider à améliorer son épaule. Elle voulait se remettre en forme malgré celle-ci.
Je lui ai alors proposé une autre possibilité :
« Pourquoi ne pas faire les deux? Je peux te créer un programme pour te remettre en forme, mais aussi travailler pour rendre ton épaule plus mobile, plus forte et plus fonctionnelle. »
Roxanne était sceptique. Après 17 années de douleur, deux années de réadaptation et une opération qui n’avait pas donné les résultats espérés, c’était tout à fait compréhensible.
Elle a néanmoins décidé de me faire confiance parce qu’une de mes clientes lui avait parlé de moi. Puisqu’elle désirait de toute façon obtenir un programme d’entraînement, elle s’est dit : pourquoi ne pas essayer?
Au départ, même les mouvements sans charge lui faisaient peur
Lorsque je lui ai présenté son premier programme, Roxanne était extrêmement craintive. Certains exercices de mobilité, même réalisés sans aucune charge, lui faisaient peur.
Elle craignait d’aggraver son état et de se retrouver avec encore plus de douleur.
J’ai donc fait les mouvements avec elle. J’ai choisi un niveau de départ qu’elle pouvait tolérer, puis j’ai observé la réaction de son épaule afin d’ajuster progressivement les mouvements, l’amplitude et les charges. Au fil des séances, Roxanne a recommencé à bouger son bras, puis à lui faire confiance.
Cette étape était essentielle. Après avoir protégé une articulation pendant des années, il ne suffit pas de remettre à une personne une liste d’exercices en lui demandant de les reproduire seule.
Bouger en confiance, c’est bien plus qu’une séance d’exercices par semaine
La progression de Roxanne n’est pas attribuable à un exercice miracle. Elle ne vient pas simplement du fait qu’elle a effectué quelques exercices pour son épaule. Elle vient de la méthode Bouger en confiance.
Cette méthode commence par l’éducation. J’aide la personne à mieux comprendre ce qu’est la douleur chronique, pourquoi elle peut persister et ce qui peut l’influencer. Après des années à vivre avec la douleur, il est normal d’avoir peur de certains mouvements ou de ne plus savoir ce que son corps est réellement capable de faire. Comprendre sa douleur permet de commencer à changer cette relation avec le mouvement.
J’utilise ensuite une approche globale. Je ne regarde pas seulement l’articulation qui fait mal et je ne me contente pas de prescrire des exercices. Je tiens compte de tout ce que la personne vit et de l’ensemble des facteurs qui peuvent influencer sa douleur, ses capacités et sa progression au quotidien.
Mais surtout, l’accompagnement ne se limite pas à notre séance hebdomadaire. Entre nos rencontres, Roxanne peut me joindre en tout temps pour me poser une question, me parler d’une réaction à un exercice ou m’expliquer une difficulté qu’elle rencontre. Elle n’a pas besoin d’attendre notre prochain rendez-vous en se demandant si elle doit continuer, arrêter ou modifier quelque chose.
En fonction de ce qu’elle vit, je peux analyser la situation, la guider et apporter les ajustements nécessaires à son programme ou à son approche. Son programme n’est donc jamais figé : il évolue avec elle.
C’est cet accompagnement complet qui se trouve au cœur de Bouger en confiance : comprendre la douleur chronique, considérer la personne dans sa globalité et lui offrir du soutien tout au long du processus, pas seulement pendant une heure par semaine.
De son côté, Roxanne a été assidue. Elle a accepté d’avancer graduellement, même lorsqu’elle avait peur, et elle m’a fait confiance suffisamment longtemps pour découvrir ce dont son corps était encore capable.
De 10 lb à 25 lb au développé incliné
Parmi les exercices de son programme se trouvait un développé incliné avec haltères.
Durant les premières semaines, Roxanne effectuait 10 répétitions avec un haltère de 10 lb dans chaque main. Cette charge était volontairement légère : je voulais d’abord vérifier comment son épaule réagirait.
Dès la troisième semaine, je lui ai fait utiliser 20 lb dans chaque main. À la neuvième semaine, elle était rendue à 25 lb dans chaque main.
Cette progression est impressionnante, mais elle doit être interprétée correctement : le développé incliné n’est pas un soulèvement de 25 lb au-dessus de l’épaule et cette réussite ne modifie pas, à elle seule, les limitations fonctionnelles.
Elle démontre néanmoins que son épaule est aujourd’hui capable de tolérer beaucoup plus de charge dans un mouvement que j’ai soigneusement choisi et fait progresser.
Une épaule qui peut maintenant travailler avec 10 lb
Roxanne est également capable d’effectuer 10 élévations latérales des bras avec un haltère de 10 lb dans chaque main.
Pour mettre ce résultat en perspective, dans ma pratique, plusieurs femmes qui n’ont ni blessure ni douleur à l’épaule utilisent plutôt des haltères de 5 à 8 lb et trouvent déjà cet exercice très exigeant.
Il ne s’agit donc pas seulement d’une personne qui ose de nouveau lever le bras. Roxanne a développé une véritable capacité musculaire dans une épaule qu’elle protégeait depuis 17 ans.
La douleur n’est plus là, mais le travail continue
Avant notre pause estivale, Roxanne m’a annoncé qu’elle n’avait plus mal à l’épaule ni aux hanches!
Aujourd’hui, le travail n’est pas terminé. Je continue de faire progresser le renforcement de son épaule afin qu’elle puisse devenir aussi forte que l’autre. L’absence actuelle de douleur est une étape importante, mais je veux également consolider ses capacités et rendre ses progrès durables.
Vivre avec une douleur chronique n’oblige pas toujours à renoncer
Ce qui me désole le plus dans ma pratique, c’est de rencontrer autant de personnes à qui l’on a dit qu’elles devraient simplement apprendre à vivre avec leur douleur.
Bien entendu, personne ne peut garantir qu’une douleur disparaîtra complètement. La situation de Roxanne ne permet pas de prédire le résultat d’une autre personne.
Toutefois, une douleur présente depuis plusieurs années ne signifie pas nécessairement que le corps est condamné à demeurer fragile ou incapable. Avec une méthode adaptée, des exercices personnalisés, une progression suffisamment graduelle et un accompagnement qui tient compte autant des capacités physiques que de la peur du mouvement, il est parfois possible d’aller beaucoup plus loin qu’on ne le croyait.
Roxanne n’avait pas besoin qu’on lui dise simplement quels exercices faire. Elle avait besoin d’apprendre à bouger en confiance.
Et si ton corps était encore capable de progresser?
Si tu vis avec une douleur persistante et que tu aimerais retrouver de la mobilité, de la force et de la confiance, je t’invite à ma prochaine masterclass gratuite.
Je t’y expliquerai pourquoi une douleur peut persister longtemps après une blessure et comment la méthode Bouger en confiance peut t’aider à recommencer à bouger sans constamment craindre de l’aggraver.
Véronique Gagné
Kinésiologue spécialisée en douleur chronique
Les résultats présentés dans cet article sont ceux de Roxanne. Ils sont propres à sa situation, à son assiduité et à son parcours. Ils ne constituent pas une garantie de résultats pour une autre personne. Toute limitation fonctionnelle officielle doit continuer d’être respectée, à moins d’être réévaluée par un professionnel compétent.