La douleur chronique et les licornes

En fin de semaine, j’ai souvent eu des pensées pour les gens qui souffrent de douleur chronique. Je me suis demandée comment ils font pour endurer ça!

Mardi dernier, je finissais de ressentir les courbatures de mon entraînement du vendredi! Alors le moment était idéal pour recommencer. L’entraînement s’est quand même bien déroulé, mais j’ai ressenti un inconfort dans mon épaule gauche pendant un exercice. Je me suis repositionnée et ça a passé. Tout allait bien.

Mercredi après-midi, je commence à ressentir une tension au niveau du trapèze (entre le cou et l’épaule gauche). Je ne m’en fais pas trop, sûrement une courbature qui va finir par passer.

Jeudi matin, l’horreur! Je suis bloquée au niveau du cou. Incapable de tourner la tête vers la droite. Je ressens une douleur lancinante en permanence dans mon trapèze et des chocs électriques dès que je tourne la tête. C’est vraiment douloureux. Je dirais que je suis à 8/10 au niveau de l’échelle de la douleur. Alors, mon premier réflexe est de faire des étirements. Mais je n’arrive pas à trouver celui qui éliminera la douleur. Je prends mon rouleau de massage et je me roule le dos en entier dessus. Le soulagement est minime. Plus la journée avance, plus la douleur augmente, plus je capote!

Durant la nuit de jeudi à vendredi, la douleur est telle qu’elle me réveille à 1h am. Je suis incapable de trouver une position où je ne ressens pas de douleur. Je me lève, prends 1 Tylenol extra-fort et retourne me coucher en tentant de respirer et de détendre mes muscles à l’expiration. Je finis par me rendormir jusqu’à 5h30 où la douleur me réveille encore. Là c’en est trop!

Je réalise qu’il y a des gens qui sont en douleur chronique depuis des mois, voir des années et qui endurent non seulement la douleur, mais que ça empêche de dormir. Sérieusement, je ne sais pas comment ils font!

Perso, ça fait seulement 2 jours et je suis déjà à bout! Je dois confesser qu’au début, j’ai eu la pensée magique de me dire que ça va passer tout seul !!! LOL Quand j’y repense, c’est l’équivalent de se dire que les licornes existent. Alors, vendredi j’ai mis mon sentiment de panique et de désespoir de côté et je me suis dit : « si c’était une cliente, que lui dirais-tu ?»

La première chose : va prendre des Tylenols ou des Advils jusqu’à ce que la douleur passe (évidemment sans surpasser la posologie). Ensuite lâche la chaleur! Le beau p’tit sac magique chauffant, il faisait du bien mais pas tant que ça. C’est quand j’ai mis une débarbouillette remplie de glaçon que j’ai ressentie le plus grand soulagement. Puis, j’ai sorti mon programme d’exercice pour les douleurs au cou et je l’ai fait de A à Z. Au début c’était douloureux mais plus je progressais, plus ça faisait du bien. Après, j’ai eu un répit! 

Bon je dois avouer que là aussi j’ai eu la pensée magique de me dire que c’était réglé parce que la douleur était partie! LOL j’en ris maintenant parce que je me trouve dont optimiste. Encore une fois les licornes n’existent pas. 

Vers la fin de ma journée, la douleur est revenue. J’avais du travail à terminer avant le début du week-end. J’ai donc attendu et la douleur continuait d’augmenter à un point tel, qu’un moment donné, j’en avais des nausées. Incapable de me concentrer j’ai dû arrêter. Tylenol et hop on va marcher. La marche a aidé à diminuer la douleur et traverser la soirée. Avant d’aller dormir, encore 1 Tylenol et 1 Advil. Pourquoi? L’un est un anti-douleur et l’autre un anti-inflammatoire. La combinaison des 2 m’a permis de dormir… jusqu’à 1h30 et là c’était à recommencer. J’ai eu la paix jusqu’à 5h. Encore des pilules et j’ai pu dormir jusqu’à 9h. Samedi, je n’ai pas eu le choix de passer une journée relaxe… avec un livre pour tenter de diminuer mon stress, avec de la glace et des pilules. Exercices pour le cou, rouleau, étirements et mon chum qui a eu la gentillesse de me rouler une balle dans le dos.

La nuit de samedi à dimanche a été mieux, je me suis faite réveillée qu’une fois à 5h par la douleur. Wow c’était une amélioration! Mais, quand je me suis levée, la douleur était à 9/10. Honnêtement, j’étais au bord des larmes. Pu capable. J’ai pris mon imperméable et je suis allée marcher. Marcher en respirant. À chaque expiration, je tentais de détendre mes muscles. Marcher en méditant, penser à autre chose qu’à la douleur et ce qu’elle m’empêchait de faire. J’ai marché pendant 2 heures. Au bout d’une heure 30, ma chienne était tellement trempée que je l’ai ramenée à la maison et j’y suis retournée! Je sentais que j’en avais encore besoin. Et quel soulagement j’ai eu après. La douleur n’était plus là.

Pendant que je marchais, j’ai pensé à ceux qui souffrent de douleur chronique. Quand la douleur est tellement forte et pénible qu’on ne fait que penser à ça. Qu’on n’ose pas bouger tellement ça fait mal et qu’on ne veut pas que ça empire. Cette douleur qui prend toute la place dans notre vie. Ces questionnements incessants sur ce qui a pu la provoquer? L’hypervigilance dans nos mouvements de peur de raviver la douleur ou d’empirer la situation. Les remèdes miracles qu’on est prêt à essayer pour avoir juste un moment de répit. L’angoisse qu’on ressent. Quand est-ce que ça va finir? Ça fait seulement 6 jours, je ne comprends pas comment des gens peuvent endurer ça des mois ou des années durant.

Cette nuit a été une bonne nuit, j’ai été réveillée à 5h encore par la douleur mais je dirais que ce matin elle a descendu à 5/10. Depuis que je suis levée, j’ai fait mes exercices, j’ai mis de la glace, pris les pilules et je me sens d’attaque pour ma semaine. JE SAIS que ça va passer, que je suis sur la bonne voie. JE SAIS quoi faire pour m’en sortir. Je sens que ça commence réellement à diminuer, pas juste une histoire de licorne! JE le SAIS parce que je suis formée sur la douleur chronique. J’ai fait exactement ce que j’aurais dis à une cliente de faire.

Depuis les derniers jours, je pense à tous les gens qui souffrent le calvaire à cause d’une douleur chronique et qui eux, n’ont pas mes connaissances pour savoir quoi faire. Eux qui ont consulté plusieurs professionnels de la santé mais que ça leur procure que des soulagements temporaires. Je ressens de la peine pour ces gens qui souffrent et je me dis que personne ne devrait endurer une douleur qui peut être réglée.

Souffrir d’une douleur chronique ce n’est pas une vie.

Bien sûr le chemin de la guérison n’est pas rapide parce que les licornes n’existent pas. Mais il est là. Il faut faire des changements dans notre mode de vie, faire les exercices appropriés à ce qu’on a et à notre condition physique.

Si vous souffrez d’une douleur chronique et vous voudriez savoir si notre protocole, celui que j’ai mis en place les derniers jours pour moi-même, peut fonctionner pour vous, appelez-moi. Je vous donnerai l’heure juste sur la question et pas d’histoire de licorne promis!

Véronique Gagné

Kinésiologue

Certifiée en réadaptation de douleur chronique