Le cancer et l’activité physique 

Plusieurs croient qu’il vaut mieux éviter l’activité physique, se reposer au maximum, pendant les traitements pour le cancer. En fait, depuis plus de 20 ans, les études réalisées sur le sujet sont plutôt unanimes : il faut absolument être actif ! Peu importe le type de traitement que vous aurez : chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, hormonothérapie… Mener un mode de vie actif peut vous aider à garder votre autonomie, mais également à combattre la maladie ! 

Quel est le lien entre l’activité physique, la circulation sanguine et les traitements du cancer ?  

Un aspect de l’activité physique qui n’est pas assez bien connu, est que lorsqu’on utilise un muscle, le corps augmentera la circulation sanguine à cet endroit pour faciliter l’apport en oxygène et en nutriments. Sachant cela, tout porte à croire que cet effet de l’activité physique aidera la chimiothérapie, traitement par le sang, à se rendre plus facilement et abondamment à la tumeur. C’est effectivement ce qui est démontré depuis les 5 dernières années.

De plus, une meilleure circulation sanguine aide à fortifier les cellules en santé de votre corps. Ainsi, elles pourront mieux combattre la maladie ! Donc, l’exercice a un impact autant sur les cellules cancéreuses que sur les cellules en santé. 

Moins de risques de complications, c’est possible ? 

Parmi les types de traitements curatifs et/ou préventifs du cancer figure la chirurgie. Faire de l’activité physique régulièrement avant une chirurgie diminuera grandement les risques de complications. Cela facilitera également votre récupération. Car votre capacité cardiovasculaire vous aidera à mieux tolérer l’anesthésie et votre capacité musculaire vous permettra de reprendre plus rapidement une vie normale.

La chirurgie est une intervention invasive qui demande beaucoup d’effort au corps autant pendant qu’après l’intervention. Si votre corps a une bonne tolérance à l’effort, il sera en mesure de mieux tolérer la chirurgie.  

Il est également démontré que de reprendre l’activité physique (en respectant les étapes de la réadaptation) permettra de réduire la période de récupération. Afin de bien recommencer, on doit débuter par des mouvements simples, sans douleur, et des activités à faible intensité tel que la marche.

Lorsque la période de cicatrisation sera terminée, il sera alors possible de débuter le renforcement musculaire. En tant que kinésiologue spécialisée en réadaptation, je connais ces étapes et pourrai vous accompagner vers votre retour à la vie normale.  

En résumé, bouger avant et après une chirurgie permet : 

  • De limiter les complications liées à l’anesthésie (troubles respiratoires) ; 
  • Réduire l’anémie (faiblesse en fer due à la perte sanguine) ; 
  • Réduire les douleurs associées à la chirurgie ;  
  • Augmenter l’autonomie rapidement après la chirurgie.

Augmenter ses chances de survie au cancer avec l’activité physique : « Exercise is medicine! » 

Saviez-vous qu’une pratique d’activité physique régulière pouvait même améliorer le pronostic et diminuer les risques de récidives de plusieurs types de cancer ?  Plutôt intéressant, non !? 

Le fait que l’activité physique ait un impact important sur la gestion du poids est bien connu. Fait intéressant, un poids trop élevé et la sédentarité font partie des facteurs de risques d’au moins 11 types de cancer. Parmi ces cancers, on note les plus répandus, soit celui du sein, du colorectal et de la prostate.  

On note également un impact de la pratique d’activité physique sur la régulation des hormones. Bouger régulièrement diminue le taux d’œstrogène, d’insuline et de leptine (hormone de la faim), qui sont toutes les trois associées à des facteurs de risque important du cancer. L’exercice a donc aussi un impact sur les cancers dits hormonodépendants : sein, endomètre, prostate. 

L’exercice physique permet une réduction du risque de mortalité du cancer ou de ses complications de : 

  • 50% pour le cancer du sein,
  • 30% pour le cancer de la prostate, 
  • 51% pour le cancer colorectal,
  • 44% pour le cancer du poumon,
  • 27% tous types confondus.

Pratiquer de l’activité physique régulièrement diminue le risque de développer un premier cancer de : 

  •  77% pour le cancer du poumon, 
  •  48% tous types confondus. 

Finalement, il a été démontré que l’exercice avant, pendant et après les traitements permettait une réduction du risque de récidives de : 

  •  49% pour le cancer colorectal,  
  •  25% pour le cancer du sein. 

Pourquoi un suivi individualisé en kinésiologie est-il pertinent ? 

Apprendre que l’on a un cancer, ça donne l’impression de tomber dans le vide. On ne sait pas trop où aller, quelle ressource utiliser pour se sentir mieux. Votre équipe médicale vous propose les meilleurs traitements pour vaincre la maladie, mais il manque quelque chose.

Je crois profondément que de commencer un suivi en kinésiologie le plus rapidement possible, c’est reprendre une partie de votre pouvoir de guérison. Un suivi en kinésiologie avec un kinésiologue formé en oncologie vous offre une prise en charge physique et psychologique. Un poids de moins sur vos épaules, une main sur laquelle vous appuyer lorsque c’est plus difficile. 

En tant que kinésiologue spécialisée en oncologie, mon but, c’est de vous faire aimer l’activité physique, de rendre sa pratique accessible. Votre programme sera facile à intégrer et les exercices seront plaisants à faire.

Pendant ou après les traitements, votre capacité physique fluctuera en fonction du type de traitements que vous recevrez ainsi qu’en fonction de votre parcours de rémission. Soyez assurés que j’aurai toujours un plan en tête pour vous, avec des étapes bien précises. Je vous prends en charge du début à la fin !

Certains jours seront plus faciles : vous voudrez alors en profiter pour compléter TOUT sur votre liste de choses à faire, pour bouger davantage et faire plus d’activité physique. Je sais que plusieurs d’entre vous se seront reconnus dans cette dernière phrase. Je pourrai vous aider à suivre le plan que nous aurons établi ensemble, malgré les hauts et les bas que vous traverserez. On forme une équipe vous et moi ! 

Mon rôle en tant que kinésiologue est d’adapter votre programme d’exercice et de vous guider dans la gestion de vos énergies et de vos capacités :  

  •  Quelles activités faire,
  •  Combien de temps,  
  •  À quelle intensité,  
  •  Quand reprendre les exercices,  
  • Quels exercices sont les mieux adaptés à vos besoins.  

Les suivis en kinésiologie vous permettront de profiter du plus grand nombre de bienfaits que procure l’activité physique, tout en considérant votre parcours thérapeutique, vos capacités physiques actuelles et vos objectifs. Ainsi, vous serez en mesure de mieux tolérer vos traitements et d’avoir une meilleure qualité de vie pendant et après les traitements, pour retourner plus rapidement à votre vie normale ! 

On comprend maintenant qu’au niveau du bien-être physique, un suivi en kinésiologie fait toute la différence. Qu’en est-il maintenant du bien-être psychologique ? 

Les effets psychologiques de la kinésiologie

Bouger régulièrement aide à la gestion du stress et au moral. La maladie et ses implications affecteront votre bien-être psychologique, ainsi que celui de vos proches. Ces derniers veulent bien faire, mais n’ont pas tous les capacités pour vous offrir un support moral, et c’est normal. Les suivis réguliers en kinésiologie vous permettront de recevoir un support additionnel : 

  •  Parler à une personne neutre de ce que vous vivez 
  •  Confirmer que vous progressez, même lorsque vous ne le verrez pas 
  •  Recevoir des encouragements dans votre pratique d’exercice
  •  Recevoir des conseils pour mieux intégrer les exercices dans votre quotidien 
  •  Valider vos inquiétudes et vos émotions 
  • Se faire rassurer par rapport à nos capacités

Souvent sous-estimé, votre capacité psychologique à passer au travers les traitements est réellement ce qui fera la plus grande différence.   

Finalement, une fois les traitements terminés, vous vous sentirez un peu laissé à vous-mêmes. Vous aurez été encadré par une grande équipe médicale tout au long des traitements, il est normal de se sentir un perdu une fois ceux-ci terminés. En kinésiologie, on poursuivra vers de nouveaux objectifs ou jusqu’à ce que ce que vous ayez retrouver votre vie normale.  Il n’est jamais trop tard pour entamer un suivi en kinésiologie.

Dans le prochain article, j’aborderai plus en profondeur l’impact de l’activité physique sur les différents traitements contre le cancer.

Caroline Venne 

D.E.S.S. en kinésiologie clinique